Semaine 3

Publié le par Anthony Calla

Bien. Nous voilà donc a l'heure ou j'écris ces lignes a cheval entre samedi et dimanche. Je suis presque pas en retard.

Que dire de cette semaine d'auteur de bd ?
Bon sang ! Qu'est ce que ça boit un auteur de bd !

J'ai été en fin de semaine dernière manger (comprenez boire) avec des auteurs lyonnais. C'était plutôt cool et surtout enrichissant.
Un bon moment sur lequel je ne m’étendrais guère mais qui me fait dire que contrairement a un certain nombre d'autres activités artistiques, le milieu de la BD est plutôt épargné par les sombres connards hautains et nombrilistes.

Sinon, toujours pas de réponses de Run.

Ou plutôt si.

La semaine passée étant celle de mon anniversaire et n'ayant pas de news du Label 619, j'ai donc choisi d'envoyer un mail a Run histoire d'être au moins sûr qu'il avait reçu notre dossier.
Il m'a répondu dans les dix minutes que je n'avais qu'a lui faire passer des Jpeg en pièces jointes, histoire qu'il se rende compte du truc.

Arf...

C'est tout de même un grand dilemme quand vous avez une réponse rapide et super sympa d'un mec dont vous attendez l'avis avec angoisse qui vous propose de lui envoyer vite fait quelques dessins pour qu'il puisse vous donner une réponse quand de votre coté vous avez passez des heures a peaufiner un dossier certes poilu et sphérique de la couille mais néanmoins professionnelle avec tout une histoire derrière.

Je me voyais mal lui envoyer des planches noir & blanc a 8 Mo sans un minimum de mise en condition. Surtout que si le dessin est très bon, je compte quand même aussi sur le scénario pour que ça marche. Et que un scénario, ça nécessite de lire un script. Et que lire un script, ben y'a bien que le dessinateur qui accepte de le faire. Et encore pas tout le temps.

Bref, tout ça pour dire que finalement, plutôt que d'envoyer des trucs sans discours (en tout cas sans background) derrière, j'ai préféré lui envoyer quelques illus tirées du dossier. Illustrations qu'il a d'ailleurs plutôt aimé. Et quand au reste... Direction la Poste.
Pour paraphraser le Pacha : « Faire confiance aux honnêtes gens est le dernier risque des professions aventureuses... »

Et voilà où nous en sommes a l'heure actuelle.

Run a du recevoir mon dossier par courrier hier matin au plus tard. Avec un peu de chance, il le lira dans le WE.

J'aurais certainement pu lui envoyer par mail les planches. Pas forcément de bonne qualité, je pense que son professionnalisme lui aurait permis de prendre une décision intelligente malgré tout. C'est surtout des planches hors contexte qui me gênaient...

Je suis scénariste. Ce que je vends c'est une histoire. Mais finalement, c'est facile a dire mais ca représente quoi une histoire ? Parce que des histoires, y'en a plein, y'en a des tas.
C'est une histoire avec un putain de grand méchant qui tue tout et qui assure une gloire éternelle a la série (cf Starwars et Darth Vador)
Ou a l'inverse une histoire avec un héros charismatique qui justifie le reste, comme Riddick dans Pitch Black ?
C'est une histoire basique mais avec une mise en scène qui retourne tous les codes, comme Memento ?
C'est une histoire avec un pitch qui justifie une trilogie, comme, au hasard, Matrix ?
Ou bien c'est une histoire avec un twist final digne d'un parc d'attraction, comme Le 6eme sens (sauf qu'en plus Shamalyan est un putain de bon réal!)

Pour ma part, les histoires que je veux raconter, elles se situent plutôt du coté d'un Jeunet et de sa Cité des Enfants Perdus (tiens, comme c'est drôle, un ancien auteur de BD!)
Raconter une histoire, c'est bien, mais la faire vivre, la faire ressentir, c'est bien mieux !

En bien ou en mal, ce qui m'importe c'est que vous ayez ressenti quelque chose en lisant notre histoire.


L'art contemporain est un art principalement axé sur l'intellectualisation du ressenti. On se doit de comprendre ce que l'artiste a voulu dire pour pouvoir ressentir quelque chose. Il n'y a qu'en remettant les choses dans leur contexte et leur histoire par rapport aux œuvres précédentes qu'on peut en saisir l'essence.

Bon sang quelle connerie !

De l'art sans du ressenti !

Une œuvre qui ne passe que par le cerveau et ni par le cœur, le ventre et les couilles !

Heureusement qu'il existe des courant comme le Low brow qui prennent le contre-pied de tout cela.

C'est ce que je recherche.

Le cerveau doit être contenté. Mais le plus important reste le ventre, le viscéral.

C'est ce que j'ai essayé de faire.

On verra bien ce qui en sortira.

Finalement le plus important c'est de l'avoir écrit, pas de la faire éditer. Et ça, c'est fait...

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URB 26/02/2012 15:50

C'est je pense une logique d'accès universelle. Le ressenti sentimentale est différent d'une personne à l'autre, ne marche pas toujours parce qu'on a pas tous le même vécu. Or, pour se justifier,
l'art contemporain veut être universelle. Le conservateur veut absolument ressentir chacune des œuvres qu'il expose. Comment faire s'il ne ressent rien au premier abord? Intellectualiser. Là au
moins, on est tous sur la même longueur d'onde. On te dit "là il a mis du rouge pour évoquer sa colère", du coup tu hoche la tête, tu vois à peu près la colère, et tu penses comme les autres, ouf,
l’œuvre est sauvé car son universalité prouve sa puissance.
Alors quand on parle de choses comme la BD, les jeu-vidéos, le cinéma ou encore la musique, qui ont besoin de convaincre un très grand nombre pour être financièrement rentable, la tentation
d'intellectualiser à mort est très grande.
Et c'est bien dommage.

PS: Alors, quand je ressens une forte émotion personnellement, je la ressens soit dans mes boyaux qui se tordent (tripes, check), soit dans ma cage thoracique qui se comprime (coeur, check), soit
ailleurs, par exemple en pleurant. Mais rarement dans mes parties génitales. La symbolique des couilles me fera toujours rire. Surtout qu'elle semble interdire aux femmes ce genre d'émotions.
:p
[finir par un smiley, check]