J'aurais voulu être un auteur de BD Semaine 10 - 11

Publié le par Anthony Calla

Oh non, je ne vous ai pas oublié. Ni ma promesse bien sûr !

Mais peut-être aurais-je dû plus passer sous silence le fait que je m’apprêtais a vos divulguer certaines des arcanes de ma profession. Car j'ai bien failli ne pas réchapper aux diverses et variés tentatives d’assassinat (ou tout du moins d'atteinte a mon intégrité) dont je fut victime !

 

 

Poursuivi par une secte de tueurs mexicains shootés au peyotl (rien a voir avec le dessinateur des Schtroupmfs...), je crains bien d'avoir égaré les documents que je m’apprêtais a rendre public.

 

Tant pis, il va vous falloir sûrement attendre encore une semaine.

 

Et voilà comment on fait monter une audience sur un site a l'aide d'une nouvelle qui ne vient pas.

 

Sinon y'a aussi la méthode du porno. Je l'essayerais bien mais il y a trop de concurrence. Alors je préfère me draper dans ma dignité d'artiste comme raison de ne pas le faire.

 

Mais alors, qu'est je bien pu faire durant ces deux semaines ou je n'ai pas fait de posts ?

 

Et bien j'ai déménager.

 

Oh, encore imparfaitement je l'avoue, mais néanmoins suffisamment pour pouvoir écrire ce petit mot depuis l'altitude de mon nouveau bureau.

 

Pour résumer en quelques antagonismes : la pièce est plus grande qu'avant, mais nous y sommes deux. Le soleil n'y entre pas mais nous y sommes malgré tout plongés dans une superbe luminosité, bien qu'artificielle. Nous partageons l'atelier avec le bureau d'une association, mais je pense que d'ici quelques semaines et un retour de ma condition d'écrivain-vampire nos horaires ne devraient plus guère coïncider.

 

Bref, c'est cool, je suis content et nous sommes a 200 mètres de la place des Terreaux (bourgeois va). Et comme en plus je partage cette atelier avec mon pote Yan (et surtout avec son immense collection de BD), la vie est belle.

 

Sinon, coté BD justement.

Des trucs intéressants.

 

J'avance bien sur mon nouveau projet.

 

Concernant ma méthode de travail, je part avant toute chose sur une idée de scénario. Pas tellement sur une ambiance, ni sur un univers, ni sur des personnages, mais bien sur un scénario.

 

Malgré ce que vous pourriez penser de prime abord, partir sur une ambiance ou sur des personnages est loin d'être une mauvaise idée. Gabin disait « Une bonne histoire, ce sont d'abord de bons personnages. »

Et il avait raison le bougre !

 

Mais moi je préfère partir sur une idée de scénario sur laquelle je greffe ensuite des personnages. Le tout étant que la bouture prenne.

 

Donc pour le moment, j'ai surtout axé mon travail sur le scénario et sur la structure narrative. En fait c'est surtout de cela que je voulais vous parler la dernière fois. J'ai même un très joli article qui n'est pas de moi et je je vous recopierais ici avec plaisir, c'est ce que je voulais faire a la base...

Cette fichue structure narrative. C'est par elle que tout vient en fait.

Bon, pas tout mais beaucoup en tout cas.

 

Une bonne histoire peut-être vu sous forme de graphique, avec son rythme, ses ralentissements, sa respiration propre.

Alors bien sûr, cela peut choquer les français amoureux de bonne littérature et d'art dans leur ensemble. L'art comme une émanation de Dieu, ou en tout cas comme une fulgurance géniale pour rester simple.

 

L'art comme une transcendance bien peu compatible avec une quelconque mise en équation.

 

Et pourtant...

 

Les anglo-saxons n'ont pas vraiment ce genre de soucis. Pour eux, effectuer des stages ou l'on apprend a écrire, a structurer son récit est une chose naturelle.

Et c'est pour cela que leurs récits sont souvent bien plus efficace que les nôtres.

 

Alors attention, efficace ne veux en aucun cas dire meilleur, bien évidemment.

Mais force et de reconnaître que nous avons tout a gagner a apprendre la façon dont les autres structurent leurs récits. Et même une fois que cela est fait, que nous savons exactement comment DOIT s'organiser une histoire pour rentrer dans certains cadres, une fois que nous sommes capable de mettre le doigt sur ce que nos ressentons obscurément devant une bonne histoire, alors a ce moment, a nous de l'oublier et de nous concentrer sur le ressenti.

 

A moins que l'on ne veuille écrire une série pour la télé, la technique doit être au service de l'art.

Tous les arts ont leurs propres techniques, musique, danse etc...

Tous ont leurs gestuelles, leurs codes, leur apprentissage.

Et tout cela doit être transcender pour être dépassé. Transcendé, pas ignoré et moqué.

 

Enfin bref vous l'aurez compris, je suis pour l'étude précédant l'oubli. Une fois que l'on a appris, on possède les outils que l'on utilisera inconsciemment.

Et pour ceux qui pense que apprendre ces techniques, c'est en devenir l'esclave, je dirais que ce n'est que en les connaissant que l'on peut les détourner.

 

 

Nous verront plus en détails ces règles une autre fois.

En attendant, une fois que j'ai mon scénario en tête, je peux commencer a m’intéresser a mes personnages.

 

Le scénario doit toutefois être plutôt lâche. Il faut que les héros puissent s'y mêler, le bousculer par leur caractère.

 

Un bon scénario est un idée qui a été influencé par le caractère du héros.

 

Et puis, il faut connaître ses personnages. Tout le monde le sait, mais on ne le répétera jamais assez.

Qui est-il, d'ou vient-il ? Comment, pourquoi ?

Ecrire un scénario de BD, c'est prendre un temps fou a regarder les nuages passer dans le ciel en se racontant des histoires. Des histoires qui ne seront pas sur papier mais qui créent qui sont les héros.

 

Par exemple, j'avais un héros. Je savais que c'était lui le héros principal. Et j'avais commencé a lui mettre une petite nana entre les pattes, comme motivation a son histoire.

Et puis, chemin faisant, j'ai commencé a apprécier cette nana. Après tout pourquoi devrais-elle subir les actes de ce héros sans pouvoir y répondre ?

 

Peut-être que le fait que j'ai deux petites filles n'y est pas étranger mais, au fur et a mesure, je trouvais que ce héros avait un peu trop d'assurance. Et puis un peu trop de solitude aussi.

 

Alors j'ai commencé a développer l'histoire de cette fille.

 

Qui est-elle ? Pourquoi elle...

Bon, vous avez compris le principe...

 

Un héros, une héroïne.

Généralement, l'amour n'est jamais très loin.

Alors puisque ma première idée c'est l'amour, je la laisse de coté et j'en cherche une autre.

Quels liens pourrait les unir dans l'histoire ?

Puisque lui est le héros, meilleur que les autres, alors la rivalité me semble un bon choix.

 

C'est une fille et elle veux surpasser le meilleur des garçons.

 

Logiquement, c'est une situation a conflits. Donc une situation intéressante pour une histoire. Plus qu'une histoire d'amour en tout cas...

 

Et puisqu'on parle d'amour. Si la fille et le garçon sont en compétition, ils ne peuvent ni l'un ni l'autre avouer leur amour sous peine de laisser a l'autre la possibilité de la rejeter, et donc d'être « supérieur ».

 

C'est une situation toujours intéressante même si souvent utilisée. Mais avec un peu de chance, on devrait pouvoir aller encore un peu plus loin...

 

Ensuite, comment lier les différents personnages entre eux ?

Car si on a besoin d'un bon scénario (bon dans le sens ou il pourrait être intéressant même avec des marmottes en héros) il est juste INDISPENSABLE d'avoir en plus des micro-histoires qui sont la levure d'une histoire, ce qui lui donne de l'épaisseur et de la densité.

 

Qu'un personnage rattrape quelqu'un qui chute et le maintient au bord du vide par l'extrémité des doigts, c'est super. Mais si celui qu'il retient est le seul capable de prouver son innocence alors qu'il l'a fait injustement accuser et qu'il faut risquer sa vie pour le sauver alors qu'on le déteste, là ça devient une bonne histoire !

 

Purée, moi qui voulait faire court je deviens verbeux...

 

Allez, pour illustrer tout cela magnifiquement, une citation qui contient tout ce qu'il y a a savoir.

 

"Quand l'un a raison, l'autre tort, c'est un mélodrame, pas un drame; quand les deux ont raison, c'est la tragédie". (Elia Kazan).

 

Bonne semaine...

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Commenter cet article

URB 29/04/2012 15:15

J'adore inventer des histoires, et j'adore ce chemin de réflexion qui y mène. Et ce que je préfère, c'est quand on a rendu nos personnage assez dense et réel pour qu'ils écrivent eux-même
l'histoire. Quand on essaye de leur faire faire un truc et qu'ils te font sentir que ça colle pas et qui va falloir revoir ton histoire.